
Apres d interminables heures dans un bus de nuit, accables de chaleur, installes sur les essieus qui nous ont fait valdinguer durant tout le voyage, trois crevaisons et 64 peurs bleues, nous sommes arrives a Kolkata.
Kolkata... A l evocation de cette ville, viennent a l esprit les bidonvilles, Mere Teresa et la pollution. C est pourtant une ville active et attachante que nous avons decouverte au dela de ces realites.
Descendus du bus, nous sommes sollicites par les rickshaws, une habitude pour nous maintenant! Sauf que cette fois ci, ce ne sont plus des hommes a velo ou a mobylette qui tirent les carioles, mais des hommes tout court, a la force de leurs bras. On les appelle les Hommes-Chevaux. Ce sont souvent de freles hommes sans ages, pieds nus, un turban sur la tete pour se proteger du soleil, les dents rouges a force de macher du betel (tabac aux epices), les yeux brillants de fatigue, mais toujours plein d energie pour faire voyager chaque passant sur leur carosse de fortune. Les voir courrir au milieu des rues defoncees, du traffic infernal, par tous les temps, fait une drole d impression. Ou sommes nous? A quelle epoque? N y aurait il pas un anachronisme?
C est ce genre d images qui nous assaillent sans qu on n y prenne plus attention durant toute la journee. On les met de cote et puis bizarrement, on se sent parfois tristes ou tendus... Mais si on s arretait reellement a chaque vision insensee on pourrait se laisser impressionner, beaucoup trop... Quelqu un nous disait hier qu il se sentait comme dans un dessin anime, en Inde. Une maniere de mettre des mots sur le defile de choses absurdes ou incoherentes pour un occidental.
Il y a aussi les fameux bidonvilles. Partout. Ce sont des campements de fortune, avec une bache pour se proteger pour les plus chanceux, mais c est la plupart du temps des coins de trottoirs qui sont assieges par des familles entieres. Sans aucune intimite possible, on assiste impuissants a leur vie difficile. Chaque matin, on les voit se laver, se frictionner consciencieusement dans les bouches d incendie, le soir on les voit dormir a meme le sol, sous les etoiles et peut etre sous la vigilance des dieux. Au milieu de ce grand denuement, la mendicite est donc le quotidien. Des hordes d enfants s accrochent a nous, nous tirent la main, nous suivent sur des centaines de metres, nous supplient pour obtenir quelques roupies ou du riz. Les plus grands apprennent aux plus petits comment attendrir davantage. Il y a aussi les vieilles dames denudees, edentees, affaiblies et suppliantes, etendues sur les trottoirs. Des enfants chapardeurs durement corriges par les commercants, bref des scenes de vie dures et hyper realistes sont sous nos yeux, toutes crues, a chaque instant. Une mafia s organise au milieu de tout ca bien sur. Ce que donnent les touristes aux enfants par exemple est arrache par des plus vieux qui les revendent ou les utilisent pour eux. La Loi de la rue...
Mais comme bien souvent en Inde, on trouve toujours de la lumiere au milieu de quelque chose de dur. Le regard des enfants contient une lueur, une gaiete particuliere, les vieilles dames denudees ont toujours un signe de feminite, d appartenance a quelque chose par un bijou, un bout d etoffe, qui leurs conferrent un certain prestige, meme a ce niveau de decheance.
Cela peut paraitre sombre mas cela ne l est pas autant qu on pourrait l imaginer. Car Kolkata est bien sur plus que cela, c est une ville culturelle dont ses habitants sont tres fiers. Les marches aux fleurs, le fameux pont suspendu, son musee, ses jardins, bref il y a a voir, a faire et a prendre du plaisir a etre la.
Et comme partout en Inde, tout est possible. Comme de se retrouver serveuse dans une boite de nuit, en mini jupe et talons hauts pour un soir, avec l occasion pour nous de decouvrir la jeunesse de Kolkata se dehancher sur les pistes. Grand contraste avec les tabous et la grande retenue des femmes et des relations hommes-femmes!!!
Mumbai (anciennement Bombay, ils ont tendance a changer le nom des villes et des rues comme un rien!) est notre derniere destination. Kolkata-Mumbai, 33 heures de train. Gloups. Mais il faudrait un carnet entier pour parler des transports en Inde, et a fortiori en train. C est un defile permanent! Entre ceux qui vendent des bricoles et ceux qui font la manche, c est un vrai show. On ne parlera que des travestis qui reveillent les endormis, menacent, donnent des tapes aux recalcitrants qui ne veulent pas donner une piece! Une vraie comedie!!
Mumbai... Une grande ville, tres moderne en comparaison avec les parties d Inde que nous avons decouvertes. On le repete, tout est possible en Inde!! C est pour cela qu on s est retrouves figurants dans ne production Bollyhoodienne!! Si si. Une journee tres drole et farfelue comme on ne s en surprend plus ici.
On pourrait ecrire et ecrire, encore et encore, parler des mille stands de rue, des commercants qui s en reclament de tout le pantheon des dieux indiens pour nous vendre une bricole, les autres qui prient et benissent leur boutique chaque matin et durant leurs heures d ouverture, des jus de mangues excquis, des jus de citron avec trop de sel(bof), un elephant en pleine rue... bref tout ce qui compose l Inde (et nous decompose parfois!).
Dorenavant, c est de vive voix que nous pourrons continuer car notre epopee s acheve ce soir...
A bientot...
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