
Apres La Paz, nous sommes alles a Sucre, capitale du pays. Jolie ville animee, propre et claire, ou les etudiants et ecoliers sont tres presents. Il y a dans cette ville une des plus belles universite de droit. C est un peu la ville « revolutionnaire », ou l eduaction doit davantage etre de mise, ce qui stimule et chauffe les esprits sur les conditions de vie ici. D ailleurs, au moment ou nous y etions, il y avait des greves etudiantes, ce qui semblait etre tres courant.
Un marche tres reconnu se tenait non loin de la. Tres colore, c est surtout la presence des indiens qui lui donnait du charme. Leurs vetements representent le village d ou ils viennent. Tel chapeau, telle couleur sur leur poncho, differencie chaque indien. C est donc une foison de couleur, un regal pour les yeux.
Ensuite, direction Potosi, ville tristement celebre pour son exploitation miniere. Nous avons decouvert l univers des mineurs, avec effroi. Cette mine a fait les beaux jours de le Bolivie pour ses gisements d argent a une epoque faste, mais a quel prix !!! Des milliers de morts dans des conditions de vie effroyables. Mais aujourd hui, la mine ne produit que peu de mineraux (zinc, etain, argent…) et pourtant les mineurs continuent de croire au mythe du filon d argent qui les rendra riches.
Avant 1985, la mine appartenait a l etat qui faisait travailler les mineurs avec un salaire fixe, une aide pour le logement, l alimentation, la scolarisation des enfants… Mais devant le peu de rendement, la mine a ete privatisee : ce sont des cooperatives qui repartissent les mineurs dans les mines. Le revenu du mineur depend de ce qu il a extrait dans la journee. Autant dire que c est plus qu un salaire aleatoire…
Les mineurs sont des hommes qui plongent dans les entrailles de la mine plusieurs heures par jours, eclaires a la lampe de poche, dans des vapeurs, odeurs, dangereuses, a cause des combustibles et des gaz presents dans ce lieu. Ils sont a peine equipes, et dans ces conditions, leur esperance de vie est de 45 ans… Quasiment aucune aide, que ce soit assurance sociale ou medicale ne leur est reversee. Lorsque nous avons visite la mine (c est eminement touristique, donc il y a une gene d etre un peu voyeurs, et en meme temps, il y a peut etre un devoir de savoir et de transmettre), nous etions nous meme tres genes pour respirer, devant parfois ramper pour acceder aux profondeurs de cet enfer. En sortant, nous etions epuises, a la fois choques par ces conditions de travail et par les gaz recus, l obscurite et les difficlultes a respirer. Alors, rien que de penser le vivre quotidiennement…
Dans ce lieu, on oublie que nous sommes en 2005…
Et bien sur, si officiellement le travail dans les mines est interdit aux enfants, les yeux se ferment vite… et il y a des jeunes garcons d a peine 15 ans qui font ce travail de barbare.
Et encore une fois, ce sont des enfant descolarises, (taux d analphabetisme record) qui ont peu de moyens de penser leur condition et qui ne s y opposent pas.
Et le hasard a fait que nous avons rencontre un couple d espagnol dont le mari est mineur, dans des conditions a peine meilleures. L Espagne, l Europe, si proche de nous et qui pourtant vivent encore des conditions de travail deplorables…
La Bolivie est un pays dur du fait de la pauvrete manifeste, mais quelle richesse, encore une fois, sur le plan des paysages ! Et ici, il y a une authenticite encore plus marquee. Ce qui ne veut pas dire que ce soit forcement avantageux pour le voyageur. Nous avions parfois l impression d etre de trop, vus comme des occidentaux pilleurs de leur authenticite, avec le seul avantage de faire marche leur economie.
Il y a eu bien sur des rencontres chaleureuses, mais nous avons souvent ete lasses par leur regard parfois moqueur devant les prix triples qu ils nous faisaient payer pour n importe quelle raison, les gestes brusques et leur attitude parfois un peu sur la defensive. Il y a dans leur imaginaire l idee que nous sommes extrement riches, vivant dans un paradis qui leur serait interdit.
Nous avons ete marques par leur brusquerie, leur absence « d education » qui est parfois derangeante. C est bizarre de dire cela comme ca, mais disons que lorsqu on est bouscules x fois par jour, sans un « excusez moi ! » , lorsque l on rend des menus services et qu il n y a que tres rartement un « merci » a la clef, quand il n y a aucun souci d information dans n importe quelle situation (bus qui s arrete brutalement sans aucune raison apparente par exemple)… cela devient exasperant. Mais ceci est un fait entre les habitants, pas seulement vis-à-vis des etrangers. Et c est la que nous retrouvons l absence d education nuisible pour la vie sociale, aussi bien que professionnelle, mediacle et educative.
Mais jamais nous ne nous sommes lasses de ce qui nous etait offert a voir : etourdis par la couleur de leurs vetements, le rouge vif de leurs joues, la beaute des paysages, fascines par la force et la dexterite des boliviens pour porter des charges extrement lourdes (et ce jusqu au moins 70 ans, femmes compris !), attendris par l allaitement inopine, …
Il faut voir comment les femmes portent leurs bebes, c est un spectacle haut en couleur, habilite et rapidite : elles etendent a terre un tissu bariole plie en deux dans le sens de la diagonale. Elles y deposent leur enfant, souvent bien emmitoufle, puis elles joignent les deux bouts du tissu, et hop, d un geste assure, elles balancent le tout dans un elan de 180 degres sur leur dos, l enfant perche en moins d une seconde et demie. On ne s en lasse pas…
Apres Potosi et ses tristes mines, direction Uyuni et son fameux desert de sel. Tous les voyageurs rencontres avaient des etoiles dans les yeux en evoquant la magie des lieux, c est dire que nous etions presses !
L expedition a dure 3 jours, avec un chauffeur, une cuisiniere et 4 autres voyageurs. Ce fut un formidable moment. Nous avons vu une suite de paysages tout bonnement magnifiques et incroyables.
En hors d œuvre, le desert de sel : une etendue infinie de sel blanc sur des centaines d hectares, du blanc a perte de vue, qui ne rejoint que le ciel a son horizon. Une etendue pure sous un ciel bleu roi et un soleil genereux.
Ensuite, des lagunes encadrees par des montagnes aux couleurs chamarees, du rouges, du vert, du jaune sur leurs flancs et sur ces belles etendues d eau calme, des dizaines de flamants roses s offrent a notre vue. On a pu voir de tres pres ces oiseux aux plumes blanches et roses, au bec crochu et aux longues pattes toutes droites. Il n y a que le silence pour savourer cela ou l echange de regards ravis.
Et puis il y a eu la « laguna colorado » et la « laguna verde », respectivement rouge et verte, et il y a eu le « desert de Dali » qui ressemble au fameux tableau du peintre. Des pierres venues de nulles part, echouees sur une etendue desertique, mais avec du style, donnant une impression un peu surrealiste.
Et des oiseaux au visage tout noir perche sur un corps blanc qui se termine par une sorte de colerette en guise de queue.
Et des pierres scultees par le vent, avec des formes incroyables qui amenent a projeter toutes sortes de personnages.
Vous l aurez compris, il nous reste encore des etoiles dans les yeux tellement nous avons ete eblouis.
Et ensuite, nous avions decide de descendre dans le sud de la Bolivie, mais un ensemble de circonstances nous ont « obliges » a rejoindre directement l Argentine. Ce qui ne fut pas une mince affaire !!!
Nous ne resistons pas a partager cette epopee avec vous.
Apres la fameuse excurion, tout de meme fatigante, avec peu d heures de sommeil a notre compteur, nous avions decides de prendre un train de nuit, a 2h35. Nous avons donc erre dans la ville sans grand interet d Uyuni, luttant desesperement contre le sommeil. Vers 23h. on decide d attendre directement a la gare... ou nous apprenons que le train est annule pour cause de greve … et que le seul moyen d etre rembourses est de revenir a 2h35 ou le guichet sera ouvert. Nous prenons donc une chambre d hotel, mettons le reveil a 2h et hop 3 heures de sommeil de gagnees. Arrives a la gare, on nous annonce que la seule voiture qui part pour notre destination est a 5h30, aucun autre bus. Retour a l hotel. Reveil pour 4h30. 1h30 de sommeil en sus.
On nous avait annonce un trajet de 6 heures dans une voitures contenant 10 personnes. Soit. Au moment du depart, la voiture est deja remplie. Nous ne pouvons nous asseoir. Nous contestons : il y a bien plus de 10 personnes ! mais on nous retorque qu il n y en a que 6, car les enfants ne comptent pas !!! La voiture compte au final pas loin de 15 personnes. Une horreur sur le chemin seme de grosses pierres ou nous sommes secoues commes des pruniers et a la fois compresses comme des sardines. On se rebelle un peu, mais on nous dit qu il ne faut pas nous preoccupper des boliviens (qui nous semblaient parques comme des animaux a l arrierre de la voiture) car ils « ne disent rien » !!!!!
Nous arrivons a mi parcours dans un village inconnu ou on nous dit d attendre… 2 heures. Un mic mac de traffic de tickets, enervement general, intervention de la police qui devait departager les parties en desaccord. On finit par repartir quelques heures apres dans un bus dont le moteur prendra presque feu a quelques kilometres de l arrivee.
Nous arrivons donc en retard pour le bus suivant, qui, si nous l avions rate, nous aurait retenu en Bolivie une duree indeterminee car une annonce de greve a ete posee pour le lendemain.
Nous voila donc dans un nouveau bus pour 2 heures, entasses, debouts pour les uns, au sol pour les autres.
Nous arrivons enfin a la frontiere argentine. Les voyageurs sont excedes, maudissent la Bolivie. Ce n est pas notre cas, nous avons deja un petit pincement au cœur de quitter ce pays dont la rencontre a ete trop courte.
Ce n est pas fini !
Le bus pour la ville d Argentine ou nous devons aller ne part qu a… 23h45. On reve de places inclinables, de chauffage dans le bus… On nous le promet.
Effectivement, le bus est parfait. Mais a peine nos yeux se sont ils enfin fermes que le bus s arrete, tout le momde doit descendre, recuperer ses sacs pour un contrôle militaire. Nous voila donc en pleine nuit, dans le froid, ereintes, a la queue le leu, avec d un cote les hommes de l autre les femmes, fouilles et controles. Cela dure un bon moment. Nous reussissons presque a en rire, un peu deroutes.
Mais quand, a 3h30. le bus s arrete de nouveau pour un nouveau contrôle, c en est trop, la nuit est definitivement fichue. 4 heures de sommeil en tout !!!
C est donc a l etat de zombie que nous arrivons en Argentine…
Mais la, quelle surprise ! Le depaysement est total !!!! On vous racontera cela la prochaine fois !!!
|