
Petite aparte pour notre chere Sophie qui a demande des eclaircissements legitimes au sujet des fameux “cuadras”. Ici, les pates de maison ont des dimensions quasi equilaterales (est ce que ca se dit pour un carre?, on va dire que oui), ce qui fait qu un pate de maison represente invariablement 100 numeros de rues (pairs et impairs) et 100 metres. Donc, pour indiquer une direction, ils ne disent jamais “c est a 500 metres” ou “c est deux rues plus loin”, mais “c est a 5 cuadra” ou “a deux cuadras”.
Voila, en esperant que c est plus clair.
--------------------------------------------------
Ce n est pas sans regrets que nous avons quitte Buenos Aires la Belle, mais la Patagonie nous attendait avec ses promesse de paysages incroyables, de baleines, de glaciers!
Nous avons donc enfourche... un bus et en route!
Par la fenetre du car, des paysages plats s etendaient a l infini , invariablement sur des centaines de kilometres. Timidement, chacun a pense “Ah!? C est ca la Patagonie?!” Nous qui nous etions accoutumes a la majestuosite des montagnes, nous etions un peu... decus. Mais au bout de centaines de kilometres, de dizaines d heures, nous voila tout bonnement hypnotises par ces paysages. Imaginez vous un champs de brócolis bien verts sur des milliers d hectares, a perte de vue, avec comme seul but apparent, celui de rejoindre le ciel a l horizon. Et, de-ci de-la, quelques collines douces, quelques couleurs ocres et terre de sienne. Pas de pretention dans ce vaste paysage, juste la serenite de celui qui est sur de ses atouts. Mais ce qui en fait son incontestable beaute est bien son ballet avec le ciel. Au lever su soleil, la verte etendue se drape d un rouge-orange, se mariant avec le ruban aux couleurs chaudes de la ligne d horizon.
Mais c est le soleil couchant qui semble mettre encore davantage en valeur la Patagonie. Tandis que la terre, imperturbable, offre ses inepuisables hectares de verdure, le soleil se couche doucement sur elle, en elle, jusqu a se fondre en couleurs carmin. Mais la voute celeste, elle, continue de se degrader en couleurs pales, mauves, bleues, jaunes, tandis que le plafond bas des nuages anthracite donne la chair de poule. On se retrouve devant un spectacle emouvant et eternel. Et la, on se dit “Ah... La Patagonie...”
C est donc confiant que nous arrivons a Puerto Madryn, d autant que les baleines nous attendent. La ville en elle meme a peu de charme a nos yeux, mais a l incontestable avantage d etre en bordure de mer.
Une fois sur l embarquation qui nous mene vers les baleines, enfants, adultes, tous nous avons une joie enfantine, trepignant devant le spectacle qui va se produire.
Et les premiers “Oooohh!!!” se font entendre : le monstre marin nage a quelques metres a peine de nous. C est tres impressionnant cette masse grise qui sort de l eau, decouvrant une queue bizeautee, un corps massif, et laissant echapper un rale grave. Et bien sur, il y avait le fameux jet d eau au dessus de son corps , sans quoi le mythe n aurait pas pris corps. Et la baleine etait accompagnee de son petit, ce qui n a pas manque de nous attendrir.
Malgre tout, un sentiment de “pas assez” nous a etreint. Mais c est sans compter sur notre chance, puisque le lendemain, en attendant le bus, nous avons fait une ballade en bord de mer, et la, a queques dizaines de metres, nous avons apercu ces memes baleines. Nous sommes cette fois restes un long moment, poussant de temps en temps un petit cri lorsque nous devinions un petit bout de son corps hors de l eau. Le peu que nous voyions, pour dire vrai, nous a rejoui. Mais il a bien fallu leur dire au revoir et rejoindre un autre bus (on commence legerement a se lasser...) pour descendre jusqu a El Calafate.
D apres notre fidele guide du routard, c est un endroit unique ou languissent des glaciers. Il fallait bien qu on aille voir ca de plus pres, non?
Une fois arrives, nous voila tout surpris de decouvrir une ville faites de chalet, sapins et chocolateries. Demarches a la sortie du bus par 5 ou 6 personnes pour nous vanter les merites de leur hotel, nous nous arretons sur la derniere personne au bout de la file : une jeune fille de 14 ans a tout casser qui nous propose une chambre a moitie prix que les concurrents. Sceptiques mais ensommeilles, on la suit. Et nous voila dans un mini 2 pieces a partager avec un autre couple... qui n est venu que la derniere nuit. Ah! La belle vie, a se mijoter des soupes (en sachet, eh oui, on ne se refait pas!), boire un lait chaud a n importe quelle heure, deambuler librement sur plus de 10 metres carres... bref la vraie vie. En plus, nous avions brule de l encens et du papier d armenie que nous avions pris soin d emporter, alors nous vivions dans des odeurs bien familieres, dans un petit nid qu on avait rendu douillet.
C est donc dans d excellentes conditions que nous avons sillonne la charmante ville, a se goinfrer d empanadas excellents (friands fourres, mais meilleurs que des friands). Et la, au detour d un chemin, on arrive a la lagune Nimez, reserve naturelle de surcroit. Extraordinaire moment passe ici. Des flamands roses, des chevaux sauvages, des canards, des oiseaux qui evoluent librement dans un decor des plus romantiques, doux et sauvages. Et au loin , un ruban turquoise se dessine nettement, c est le lac “argentino”.
Et enfin, on s est dirige vers le fameux glacier dont on parle tant.
Apres quelques heures de bus, on arrive en haut du Perito Moreno (c est lui, le glacier). Des montagnes se dressent en arriere plan, tandis que le glacier epais et imposant est arrime au lac “argentino”. Il est blanc, que dis je, il est bleu turquoise surtout quand le soleil le chatouille. Et il y a eu plein soleil ce jour la, c est dire les couleurs! Montagnes, glace et lac, voila ce qui s offre a nos yeux ebahis. Mais le plus surpremant peut etre c est le bruit. Car les glaciers chantent, ne le saviez vous pas? Plutot il hurle, gemit, grince, pour finalement se craquer et s arracher au bloc de glace et s emietter dans le lac. Le bruit est impressionnant, c est meme un peu inquietant au debut et finalement, tout le monde finit par guetter le moment ou la glace s effrite et se fissure. Nous sommes restes 6 bonnes heures rien qu a le regarder...
Remis de nos emotions, on embarque pour un nouveau voyage de fou, le plus long peut etre depuis notre voyage : 34 heures!!!, pour remonter vers Bariloche.
Ici, c est de nouveau chalet, sapins a gogo et fondues de chocolat ou bourguignonne (on n a pas resiste longtemps!) aux coins des rues.
La ville s etire au bord d un beau lac, avec toujours en arriere fond des montagnes au sommet enneige. D ailleurs, cette ville est reputee comme etant un sosie de la Suisse et des Alpes (ou est ce l inverse?). Toujours est il qu elle nous a offert de beaux point de vue, notamment une des plus belle vue qu il nous ait ete donne de voir depuis notre depart.
En effet, nous avons loue des velos pour parcourir plus librement les environs. Superbe ballade au milieu de la nature, au bord des lacs, ou nous etions souvent seuls au monde, avec pour seule compagnie des chiots sauvages ou une vache qui detalait a toute allure sur un petit pont pendant que nous croquions nos sandwichs bien merites. Il est vrai que dans l aventure, un pneu a creve et qu une chute a eu lieu, mais nous avions une chambre a air de rechange et seules des egratignures ont ete a deplorer. Et puis quoi, on est des aventuriers, oui ou non?
En tous cas, le clou de la ballade etait une montee a telepherique pour avoir une vue globale des environs. Et la, pas de superlatifs a la mesure, c est juste Beau. Montagnes, laguneS, collines, harmonie des couleurs, petits chalets que l on devine... bref magnifique. Ca valait bien les cotes, les kilometres dans les cuisses ,les mollets et les crampes!
Apres avoir profite des promenades en sous bois, excursions vers les (7) lacs des environs, nous voila repartis vers Mendoza.
Il faut dire que l Argentine offre des paysages splendides et varies, (elle peut, vu sa superficie), mais que pour aller a leur rencontre, il faut faire avec des nuits sans sommeil dans les bus trop chauffes ou pas assez, avec les repas servis sous cellophanes, les sieges soit disant tres inclinables, et ce, pendant des heures interminables. Meme le paysage par la fenetre ne nous detourne pas de notre lassitude parfois.
Et de plus l Argentine est un pays aux accents europeens et Americains qui resonnent trop fort a nos oreilles, epris de depaysement que nous sommes. En tous cas, la gentillesse des habitants est reelle et c est un plaisir de leur demander ne serait ce que le chemin.
C est de Mendoza que nous ecrivons ce carnet, derniere escale en Argentine avant de rejoindre le Chili. C est une ville aeree, aux larges avenues bordees d arbres, assez paisible pour une grande ville. On nous avait parle de bains thermaux et de trekking dans la montagne, mais une fois sur place, on s est plutot trouve dans une ambiance camping-barbecue-bieres et familles nombreuses. On s est tout de meme baigne dans un endroit isole, a deux pas du fameux camping, dans une petite crique a l eau gelee, transparente, en compagnie de petites truites.
De notre chambre d hotel, nous avons acces a TV5, et donc aux actualites internationales, et nous sommes desoles par les violences quotidiennes et le malaise des banlieues, des cites. Meme les journaux etrangers en font leur une! Ca semble gangrener toute la France, en esperant que cela conduise a des compromis, discussions, resolutions...
|